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	<title>Sport Fever &#187; Seattle</title>
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		<title>Sherman, un prédateur dans l&#8217;arène</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Jan 2014 18:08:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reydecali</dc:creator>
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Ses incessantes provocations feraient presque de l&#8217;ombre à ses coups d&#8217;éclat sur le terrain. Agitateur à la langue bien pendue, Richard Sherman n&#8217;en reste pas moins l&#8217;un des meilleurs joueurs de la planète NFL. Adulé ou détesté, le cornerback des Seahawks ne laisse pas insensible et [...]]]></description>
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<div id="attachment_1247" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel="attachment wp-att-1247" href="http://www.sport-fever.com/?attachment_id=1247"><img class="size-medium wp-image-1247" title="Sherman" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2014/01/Sherman-300x182.jpg" alt="Richard Sherman est actuellement le meilleur CB en NFL. (Kcconfidential.com)" width="300" height="182" /></a><p class="wp-caption-text">Richard Sherman est actuellement le meilleur CB en NFL. (Kcconfidential.com)</p></div>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Ses incessantes provocations feraient presque de l&#8217;ombre à ses coups d&#8217;éclat sur le terrain. Agitateur à la langue bien pendue, Richard Sherman n&#8217;en reste pas moins l&#8217;un des meilleurs joueurs de la planète NFL. Adulé ou détesté, le cornerback des Seahawks ne laisse pas insensible et a donné le ton du Superbowl XLVIII qui mettra aux prises Seattle à Denver, le 2 février, au MetLife Stadium d&#8217;East Rutherford.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Je suis le meilleur corner du jeu. Voici le résultat quand vous m&#8217;attaquez avec un receveur aussi médiocre que Crabtree. Ne parle plus jamais de moi ! </em>» Impossible d&#8217;être passé à côté de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=bkTq__jd4I4" target="_blank">l&#8217;improbable sortie</a> de Richard Sherman à l&#8217;issue de la victoire des Seahawks face à San Francisco en finale de la conférence NFC (23-17). Dans un état second, le leader de la défense de Seattle s&#8217;est présenté devant les caméras de la Fox, au micro d&#8217;une Erin Andrews médusée, pour invectiver ses victimes du soir et en particulier le receveur des 49ers, Michael Crabtree, qui avait commis l&#8217;erreur de flatter son ego avant le coup d&#8217;envoi.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;a fallu que quelques minutes pour voir la sphère médiatique et les réseaux sociaux s&#8217;embraser. Arrogant et manquant cruellement de classe pour les uns, passionné et génial <em>entertainer</em> pour les autres, Sherman s&#8217;est retrouvé propulsé au cœur de toutes les discussions outre-Atlantique. En l&#8217;espace d&#8217;une action – <a href="http://www.youtube.com/watch?v=uVApnV-NBeM" target="_blank">la passe déviée de Colin Kaepernick récupérée par Malcolm Smith pour sceller le sort de SF</a> – et de son interview d&#8217;après-match, le phénomène n&#8217;a pourtant fait que remettre au jour deux évidences. Qu&#8217;il est bien la référence absolue à son poste en plus d&#8217;être le roi des <em>trash-talkers</em>.</p>
<h3 style="text-align: justify;">« <em>Je voulais être comme Mohamed Ali</em> »</h3>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire que le numéro 25 n&#8217;en est pas à sa première incartade et prend un malin plaisir à défrayer la chronique depuis son arrivée dans la Ligue en 2011. Ses chamailleries répétées avec Tom Brady, Darrelle Revis, Trent Williams, Rodney White ou le journaliste Skip Bayless sont des morceaux de choix et l&#8217;ont rapidement catalogué comme l&#8217;agitateur de service. Toujours prêt à se lancer dans une joute verbale, Richard Sherman incarne la figure du provocateur né, un trait de caractère qui a toujours jalonné son parcours.</p>
<p style="text-align: justify;">Ayant grandi dans un quartier difficile de Los Angeles, Sherman s&#8217;est évertué à repousser les limites pour atteindre ses objectifs. Tout en développant rapidement une fascination pour un certain Mohamed Ali. «<em> Ali savait comment manipuler le monde</em>, confiait-il dans les colonnes de <em>Sports Illustrated</em>. <em>Quand il disait : &laquo;&nbsp;le champion est là&nbsp;&raquo;, je ne crois pas qu&#8217;il était suffisant. Il avait créé un personnage. C&#8217;était un leader et un showman, il savait comment faire craquer les gens sur le ring. Je ne m&#8217;intéressais pas vraiment à la boxe, mais je voulais être comme Ali</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Suivant l&#8217;exemple de « The Greatest », le gamin de Compton va ainsi tout mettre en œuvre pour se faire une place au soleil. Guidés par des parents soucieux de son éducation et de son avenir – son père, Kevin, chauffeur de camion poubelle, l&#8217;éloignant de la voie des gangs pendant que sa mère, Beverly, s&#8217;efforçait de le motiver en lui offrant 5 dollars pour chaque « A » ramené de l&#8217;école -, il s&#8217;accroche. En 2010, il obtient un diplôme de communication de la prestigieuse université de Stanford avant de faire le saut dans la cour des grands.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Un érudit du jeu</h3>
<p style="text-align: justify;"><em>Wide receiver</em> reconverti <em>cornerback</em> – après avoir connu des relations houleuses avec Jim Harbaugh, l&#8217;actuel head coach des 49ers -, Sherman est finalement sélectionné très tardivement lors de la draft, au 154e rang (5e tour). A ce moment, les Seahawks ne savent pas encore qu&#8217;en choisissant celui qui jure être capable de nommer tous les arrières défensifs repêchés ce jour-là avant lui, ils viennent de réaliser une affaire en or massif. L&#8217;adaptation à la NFL est instantanée. Se reposant sur une lecture du jeu au-dessus de la moyenne, le Californien (1,91m, 88 kg) parvient à asphyxier ses adversaires directs tout en injectant une dimension physique unique à sa palette.</p>
<p style="text-align: justify;">Son secret ? Au-delà d&#8217;être un athlète de premier plan, ce véritable érudit opte pour une <a href="http://www.youtube.com/watch?v=VbQGlO0B5nY" target="_blank">approche cérébrale du jeu</a>. Doté d&#8217;une étonnante mémoire visuelle – lui qui est capable de réciter les 18 chiffres de son code Wi-Fi -, Sherman, avant un match, visionne attentivement les 12 dernières rencontres de ses adversaires, prend des notes, dissèque les schémas, les positionnements, les appels des <em>quarterbacks</em>, les courses des receveurs. Avec, dans l&#8217;idée, de décrypter tous les codes et d&#8217;avoir toujours un coup d&#8217;avance en situation.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><em>Hate him or love him&#8230;</em></h3>
<p style="text-align: justify;">Les performances du <em>cornerback</em> vedette sont évidemment loin d&#8217;être étrangères au succès rencontré par Seattle actuellement. Fer de lance de la « Legion of boom », une défense qui terrorise la NFL entière depuis maintenant deux ans, l&#8217;homme aux dreadlocks se mue en coupeur de gorges dès lors qu&#8217;il est propulsé dans l&#8217;arène. Et se pose comme l&#8217;un des meilleurs spécimens au poste que ce sport ait connu dans son histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un pays où les <em>golden boys</em> ont toujours bonne presse et les faveurs des foules, <a href="http://www.huffingtonpost.com/isaac-saul/what-richard-sherman-taught-us_b_4631980.html" target="_blank">sa réussite et son style agacent</a>. Il reste que le football américain est un show à nul autre pareil et ne peut se passer de personnages de cette trempe. Un Richard Sherman qui échappe d&#8217;ailleurs, par bien des aspects, à la caricature que l&#8217;on veut bien dresser de lui. Son duel à distance avec Peyton Manning promet déjà d&#8217;être l&#8217;une des principales attractions du Superbowl à venir. Manning, l&#8217;homme de tous les records, qui aura toutes les raisons de se méfier s&#8217;il daigne s&#8217;aventurer à la passe dans le territoire défendu par le <a href="http://imgur.com/r/pics/KCOfifK" target="_blank">prédateur</a>&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vidéo</strong></p>
<p><iframe width="420" height="315" src="//www.youtube.com/embed/AoocCD-Tcgw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Kemp, un règne tourmenté</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 15:46:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reydecali</dc:creator>
				<category><![CDATA[Basket-ball]]></category>
		<category><![CDATA[NBA]]></category>
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		<description><![CDATA[Au tournant des années 1990, un ovni débarque en NBA. Son nom, Shawn Kemp, 19 ans et des qualités physiques hors du commun. Pendant près d&#8217;une décennie, le « Reign Man » va faire le bonheur des fans de Seattle et des amateurs de highlights. Avant de connaître une descente aux enfers qui laissera à la carrière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1134" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a rel="attachment wp-att-1134" href="http://www.sport-fever.com/?attachment_id=1134"><img class="size-medium wp-image-1134" title="Kemp2" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2013/04/Kemp2-300x223.jpg" alt="Shawn Kemp a été l'un des joueurs les plus excitants de sa génération." width="300" height="223" /></a><p class="wp-caption-text">Shawn Kemp a été l&#39;un des joueurs les plus excitants de sa génération.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au tournant des années 1990, un ovni débarque en NBA. Son nom, Shawn Kemp, 19 ans et des qualités physiques hors du commun. Pendant près d&#8217;une décennie, le « Reign Man » va faire le bonheur des fans de Seattle et des amateurs de highlights. Avant de connaître une descente aux enfers qui laissera à la carrière de ce joueur atypique un goût d&#8217;inachevé.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Les clichés de ses envolées ont habillé les murs de plus d&#8217;un gamin amoureux de basket. Shawn Kemp, phénomène révélé au début des <em>nineties</em>, a, durant son parcours, mit un point d&#8217;honneur à martyriser les cercles comme ses adversaires. Volcanique et électrisant, le joueur au maillot floqué du numéro 40 a forgé sa légende dans les rangs des regrettés Supersonics, une franchise au sein de laquelle il a formé un duo inoubliable avec Gary Payton.</p>
<p style="text-align: justify;">Trop vite, trop haut, trop tôt ? Au cours d&#8217;une carrière en clair-obscur, l&#8217;explosif ailier, dont le potentiel laissait rêveur, a fini par se perdre en chemin. Malgré tout, son éphémère règne des raquettes a laissé un souvenir vivace dans les mémoires du côté de Seattle, ville où il a gagné ses galons d&#8217;icône. L&#8217;évocation du patronyme de Shawn Kemp invite aujourd&#8217;hui à un retour en arrière pour une courte mais intense escapade dans la stratosphère.</p>
<h3 style="text-align: justify;">La NBA à 19 ans</h3>
<p style="text-align: justify;">Singulière, la trajectoire de Shawn Kemp l&#8217;est à plus d&#8217;un égard. Talent précoce, le natif d&#8217;Elkhart, petite ville du nord de l&#8217;Indiana, survole la concurrence dans les rangs de la Concord High School. Toutefois, le prodige connaît des moments difficiles. Il doit se confronter au racisme, des bananes étant jetées à son encontre lors d&#8217;une rencontre, avant de voir le titre de Mr Basketball 1988, récompensant le meilleur joueur de High School de l&#8217;Etat, lui échapper de manière incompréhensible au profit de Woody Austin. C&#8217;en est trop pour Kemp qui, attendu de pied ferme chez les Hoosiers (Université d&#8217;Indiana), décide de prendre son monde à contre-pied en rejoignant Kentucky.</p>
<p style="text-align: justify;">A Lexington, les problèmes se poursuivent. Tout le board de l&#8217;équipe de basket se trouve plongé dans un scandale pour une campagne de recrutement monnayée et donc illégale. Peu impliqué dans son cursus, le joueur est accusé en novembre d&#8217;avoir volé deux chaînes en or à son coéquipier Sean Sutton, qui est également le fils de l&#8217;entraîneur. Il est finalement blanchi mais cette affaire sonne la fin de l&#8217;aventure à Kentucky. Kemp claque la porte et tente de rebondir du côté de Trinity Valley, au Texas, mais la saison est déjà entamée et il ne joue pas. Il se rend alors à Los Angeles où il espère convaincre les Lakers de le mettre à l&#8217;essai mais la tâche se révèle bien plus compliquée qu&#8217;il n&#8217;y paraît. Voyant les portes se fermer une à une, Shawn Kemp décide finalement de faire le grand saut et de se déclarer éligible pour la Draft.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;époque, le tremplin de la High School vers les hautes sphères de la NBA est loin d&#8217;être démocratisé. Seuls trois joueurs (Moses Malone, Darryl Dawkins et Bill Willoughby) l&#8217;ont expérimenté au coeur des années 1970. Shawn Kemp enchaîne les <em>practices</em> et tape dans l&#8217;oeil de Bob Whitsitt, le GM de Seattle, qui flaire le bon coup. « <em>Je me suis dit, s&#8217;il explose, et c&#8217;est un grand si, nous aurons une combinaison entre Charles Barkley et Dominique Wilkins</em> », se souvient-t-il, dans des propos relayés par <em>The News Tribune</em>. « <em>C&#8217;était un risque. Si j&#8217;avais su qu&#8217;il serait aussi fort, j&#8217;aurais bougé des montagnes pour le sélectionner plus haut. Mais je savais qu&#8217;il serait encore disponible quand viendrait notre tour de choisir. Ça, je le savais</em>. » L&#8217;homme fort des Sonics prend alors un pari osé. Après avoir sélectionné Dana Barros au 16e rang, il jette son dévolu sur Kemp, qui devient le 17e choix de la Draft 1989. A 19 ans, il s&#8217;apprête ainsi à faire ses premiers pas dans la cour des grands.</p>
<h3 style="text-align: justify;">La pluie et le beau temps</h3>
<p style="text-align: justify;">Après une première saison d&#8217;adaptation au cours de laquelle son temps de jeu est limité, Shawn Kemp va exploser avec l&#8217;arrivée d&#8217;un autre prodige, Gary Payton, sélectionné par la franchise de l&#8217;état de Washington au 2e rang de la Draft 1990. Les deux joueurs forment une paire 1-4 complémentaire et menaçante. Véritable pur-sang, Shawn Kemp est un energizer qui ne laisse pas indifférent. L&#8217;homme aime défier la gravité et il va faire de son style de jeu ultra-spectaculaire une marque de fabrique. S&#8217;ouvre alors l&#8217;âge d&#8217;or du « Reign Man », un surnom lui ayant été affublé par deux créateurs de posters de Seattle, John et Tock Costacos, puis popularisé par le speaker des Sonics, Kevin Calabro, clamant à l&#8217;envi ce <em>nickname</em> sur chaque éclair balancé par le surpuissant ailier fort. Ses dunks ravageurs embrasent le Coliseum, à l&#8217;image du mythique « Lister Blister ». Play-offs 1992. Les Sonics défient les redoutables Warriors emmenés par le trio « Run TMC » (Tim Hardaway, Chris Mullin et Mitch Richmond). Le combat est chaud entre Kemp et Alton Lister lors du match 2 et les deux hommes en viennent aux mains. Au cours de la troisième manche, l&#8217;ailier des Sonics s&#8217;empare du ballon en tête de raquette avant d&#8217;aller écraser un dunk venu d&#8217;ailleurs sur la tête de l&#8217;intérieur de Golden State. Seattle remporte la série (3-1) avant de chuter face à Utah au tour suivant (1-4).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est que partie remise. Avec la venue de George Karl à la barre au début de la saison 1992-1993, Seattle passe un nouveau cap. La franchise atteint la finale de conférence, battue sur le fil par Phoenix (3-4). Les deux années suivantes, malgré des bilans flatteurs, la déception l&#8217;emporte avec des défaites au premier tour des séries face à Denver et aux Lakers. Il faut attendre 1996 pour voir les Sonics donner enfin leur pleine mesure. Shawn Kemp, titré entre-temps lors des Mondiaux 1994 avec le Team USA, All-Star confirmé et favori de la foule, est alors à l&#8217;apogée de sa carrière. Avec l&#8217;aide de ses compères Gary Payton, Detlef Schrempf, Hersey Hawkins, Sam Perkins et Nate McMillan, il conduit son équipe vers les sommets à l&#8217;Ouest avec un bilan record de 64 victoires. Les play-offs sont une formalité, ou presque, et la bande retrouve en finale les Chicago Bulls. Malgré les efforts répétés du « Reign Man » des deux côtés du terrain (23 points, 10 rebonds, 2 contres de moyenne) et l&#8217;énorme défense de Gary Payton sur Michael Jordan, les Sonics doivent rendre les armes face à la meilleure formation de l&#8217;histoire (4-2).</p>
<p style="text-align: justify;">La chance vient de passer pour Shawn Kemp. Elle ne se représentera plus. L&#8217;année suivante, les Sonics subissent la loi des Houston Rockets en demi-finale de conférence (3-4). Prince des raquettes, le numéro 40 étend son règne à la nuit américaine. Reconnu pour avoir au moins sept enfants de femmes différentes, Kemp devient la cible de moqueries de la part des médias. Ses sorties répétées et ses retards à l&#8217;entraînement commencent à inquiéter le staff de Seattle, même si ses lignes statistiques ne pâtissent pas encore de ces écarts. Durant l&#8217;été 1998, la direction de l&#8217;équipe plonge dans l&#8217;absurde en offrant un contrat de 35 millions de dollars à Jim McIlvaine, pivot sans talent. Shawn Kemp, qui avait demandé une révision de son bail à la hausse lui ayant été refusée, sort de ses gonds et menace. Ses dirigeants le prennent au mot et l&#8217;expédient à Cleveland sans ménagement. Un trade marquant le début de la fin pour le « Reign Man ».</p>
<h3 style="text-align: justify;">Karl : « <em>Il a plongé plus vite que je ne l&#8217;aurais pensé</em> »</h3>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Lors des ses deux premières saisons avec les Cavs, Shawn Kemp maintient l&#8217;illusion en étant une dernière fois sélectionné pour le All-Star Game tout en affichant sa meilleure moyenne de points en carrière en 1999 (20,5). Pour autant, l&#8217;impression que l&#8217;ailier aérien a perdu de sa superbe se trouve rapidement confirmée.&#8217;En proie à de sérieux problèmes de poids, conséquence de ses penchants pour l&#8217;alcool et les drogues, il retrouve les terrains nanti d&#8217;une silhouette pachydermique à la suite du lock-out. A 30 ans, Shawn Kemp est fini pour le basket. Il termine son parcours dans l&#8217;anonymat à Portland et Orlando avant de multiplier les <em>come-backs</em> manqués à Denver, Chicago ou en Italie, du côté de Rome.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Adolescent ayant dû devenir homme trop tôt, le <em>power forward</em> ravageur s&#8217;est brûlé les ailes en succombant au <em>star system</em> et à ses dérives inhérentes. « <em>J&#8217;avoue que nous avons évoqué ce qu&#8217;il s&#8217;est passé. Nous nous sommes dit qu&#8217;il avait peut-être commencé trop jeune et qu&#8217;il n&#8217;avait pas pris suffisamment soin de son corps</em>, témoigne son ancien mentor, George Karl. <em>Et, la façon dont il a maltraité son corps, nous la connaissons tous. Lorsqu&#8217;il s&#8217;est retrouvé confronté à la face descendante de la montagne, il a plongé bien plus vite que je ne l&#8217;aurais pensé</em>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Tombé subitement de son piédestal, le « Reign Man » laisse derrière lui le souvenir d&#8217;un envol altier noyé dans la métaphore d&#8217;un règne tourmenté, imprégné d&#8217;une saveur de regret. Aujourd&#8217;hui, les photos ont jauni et ont disparu des murs des gamins alors que les fantômes de la balle orange hantent Seattle. Comme si ce magnifique voyage n&#8217;avait été qu&#8217;un mirage. L&#8217;ombre planante de Shawn Kemp reste malgré tout la plus belle relique d&#8217;une époque. Celle où le basket se jouait en haute altitude au cœur de la « Rain City ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.basketball-reference.com/players/k/kempsh01.html" target="_blank"><strong>Fiche statistiques</strong></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vidéos</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
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