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	<title>Sport Fever &#187; politique</title>
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		<title>La France face aux Jeux de Berlin &#8211; 1936 (Partie 4)</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Mar 2009 16:26:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reydecali</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les Jeux olympiques de Berlin et le bilan vu de France
.Les Jeux d’hiver de Garmisch-Partenkirchen, qui se déroulent au mois de février 1936, font office de répétition générale avant Berlin. Un soin particulier est apporté à l’organisation, tout est mis en œuvre pour donner aux visiteurs et médias étrangers une bonne image de l’Allemagne. L’entreprise [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Les Jeux olympiques de Berlin et le bilan vu de France</h4>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #ffffff;">.</span></em>Les Jeux d’hiver de Garmisch-Partenkirchen, qui se déroulent au mois de février 1936, font office de répétition générale avant Berlin. Un soin particulier est apporté à l’organisation, tout est mis en œuvre pour donner aux visiteurs et médias étrangers une bonne image de l’Allemagne. L’entreprise est une réussite totale, le CIO s’en félicite.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-151" title="berlin364" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/berlin364-300x205.jpg" alt="berlin364" width="300" height="205" />En juillet 1936, deux événements renforcent l’influence du fascisme en Europe occidentale. Le 19 juillet, on assiste au coup de force de Dantzig, ainsi qu’au déclenchement de la guerre civile espagnole, qui condamne les Jeux populaires de Barcelone. L’axe fasciste européen est alors consacré. Les démocraties ne réagissent pas, et le gouvernement de Blum, à contre-cœur, et dans une volonté de temporisation, n’apporte pas son soutien à la république espagnole. Cette frilosité a pour conséquence de conforter les nazis dans leurs certitudes, à quelques jours du commencement des épreuves.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_150" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-150" title="berlin363" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/berlin363-300x198.jpg" alt="Hitler lors de la cérémonie d'ouverture" width="300" height="198" /><p class="wp-caption-text">Hitler lors de la cérémonie d&#39;ouverture</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le 31 juillet à Berlin sont déclarés ouverts les Jeux olympiques de la XIè olympiade. A cette occasion, une vaste entreprise de camouflage est mise en œuvre par les dignitaires allemands. Concernant les questions relatives à l’antisémitisme, le hockeyeur Rudi Ball et l’escrimeuse Helena Mayer, d’ascendance juive, sont autorisés à participer à la compétition, servant ainsi d’alibi. D’autre part, les panneaux et affiches antisémites disparaissent de la capitale, la parution des journaux à caractère judéophobe est interrompue durant la quinzaine, et demande est faite au tout Berlin d’éviter toute provocation envers les juifs: la ville doit se montrer sous son meilleur jour. Au niveau de l’organisation en elle-même, rien n’est laissé au hasard. Le service d’accueil est contrôlé par la police d’État, les équipes nationales sont réparties suivant des critères politiques, sont crées un service de contrôle et de censure, ainsi qu’un service de presse actif, éditant du matériel et des informations de propagande en plusieurs langues. Tous ces offices sont chapeautés par le comité de propagande de l’olympiade, dirigé par Goebbels, qui vise des objectifs de politique extérieure. Le but ultime est de présenter une Allemagne accueillante, aux intentions pacifiques, à la face du monde. C’est également un test grandeur nature pour le Reich, une manière de se comparer à ses hôtes, et de les impressionner. L’événement se déroule dans un cadre grandiose. Un stade de cent mille personnes, l’Olympia Stadion, est érigé au cœur de la capitale. Le cérémonial olympique est récupéré, et devient une ode à la gloire du régime national-socialiste, et de son führer: SS, croix gammées, chants et saluts nazis sont omniprésents durant la quinzaine. De plus, les Jeux sont filmés pour la première fois de leur histoire: l’œuvre de Leni Riefenstahl, « Les Dieux du stade », est un parfait exemple de propagande subliminale. Sur le terrain, on assiste au triomphe du sport allemand, le pays hôte terminant premier au tableau des médailles, avec 89 récompenses, dont 30 en or. Les États-Unis sont devancés au palmarès pour la première fois depuis la rénovation des Jeux&#8230; tout cela dans un déferlement de chauvinisme jamais vu auparavant. Seul le fabuleux exploit de Jesse Owens, qui rafle quatre titres, fait finalement un peu d’ombre au sombre dessein des nazis&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_152" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-152" title="berlin362" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/berlin362-300x204.jpg" alt="Berlin à l'heure des Jeux" width="300" height="204" /><p class="wp-caption-text">Berlin à l&#39;heure des Jeux</p></div>
<p style="text-align: justify;">A l’heure du bilan, le triomphe est total pour Hitler. L’olympiade lui permet de consolider sa position sur le plan extérieur, et d’affirmer la popularité du régime à l’intérieur des frontières. Les succès redonnent confiance et assurance au peuple germanique, lequel, après avoir supplanté ses concurrents sur le stade, entame désormais sa marche vers la guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">La France, de son côté, revient des Jeux avec un bilan bien maigre. Elle termine à la sixième place au classement des médailles (sept en or, six en argent et six en bronze), ce qui peut apparaître, de prime abord, comme un résultat honorable. Pourtant, après les compétitions de Garmisch-Partenkirchen, au cours desquelles les représentants tricolores ne remportent qu’une seule médaille de bronze, le constat est affligeant: la France est désormais rentrée dans le rang, et pire, elle ne soutient plus la comparaison avec l’Allemagne, dont la progression est fulgurante. Si le COF et Massard se satisfont pleinement de ces résultats, si Coubertin est véritablement enthousiasmé par la tenue de ces Jeux, un réel malaise est perceptible au sein du pays, une fois la délégation de retour. En épluchant la presse, les commentaires sont impitoyables. Les journalistes n’hésitent pas à parler de « <em>débâcle française</em> », d’épreuves au cours desquelles les athlètes « <em>ont joué les rôles de figurants</em> ». Les responsables du sport hexagonal ne sont pas épargnés, <em>L’Auto</em> déclarant « <em>c‘est l’étroitesse de vue de nos dirigeants fédéraux qu‘il faut incriminer</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_153" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-153" title="goddet" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/goddet-300x216.jpg" alt="Jacques Goddet" width="300" height="216" /><p class="wp-caption-text">Jacques Goddet</p></div>
<p style="text-align: justify;">Mais au-delà du domaine strictement sportif, c’est au niveau de l’aspect idéologique de la manifestation que les critiques se font les plus vives. La volte-face de la rédaction de <em>L’Auto </em>est, à ce propos, éloquente. En effet, juste avant la cérémonie d’ouverture, Robert Perrier, qui n’avait pas hésité à encenser les Jeux de Garmisch, écrit: « <em>Ne nous laissons pas éblouir. Ne perdons pas de vue, une fois pour toutes, que l‘Allemagne considère les Jeux de 1936 comme la plus éclatante manifestation de son redressement national. [...] Ce ne sont pas les Jeux de Berlin&#8230; ce sont les Jeux du Reich</em> »1. Et une fois l’olympiade clôturée, le directeur du journal Jacques Goddet, rédige un véritable réquisitoire, dénonçant la perversion et l’instrumentalisation des idéaux olympiques par les nazis. Passé à la postérité, ce texte intitulé « <em>les Jeux défigurés</em> » demeure une référence historique incontournable, un témoignage poignant, sans concession, d’un homme qui a vécu l’événement « de l‘intérieur ». On peut notamment y lire: « <em>Ainsi, triomphe populaire, triomphe musculaire, les Jeux de Berlin semblent avoir servi merveilleusement la cause du sport. Hélas! Jamais encore le sport n‘y avait été aussi profondément défiguré! Nous quittons Berlin et sa pluie de drapeaux bouleversés et inquiets. On s‘est servi du sport. On ne l‘a pas servi. [...] Les Jeux olympiques sont devenus une foire destinée à montrer au monde entier la force de réalisation d‘un régime et la soumission d‘un peuple à un maître</em> »2. Dans un entretien réalisé en 1989, il renchérit: « <em>C‘est vrai que Berlin 36 marque un tournant. Pour la première fois, en Allemagne, j‘ai très nettement ressenti la volonté d‘un pays de récupérer politiquement les Jeux olympiques. Tout était fait, tout était dirigé pour favoriser la propagande nazie. Pour nous, naïvement, il était facile d‘imaginer qu‘Hitler voulait servir l‘idéal olympique, mais il nous a trompés. Il nous a manipulés. Ses objectifs étaient beaucoup plus sournois. Il s‘est servi des Jeux pour en faire un hymne à la gloire de son régime. Il a commis un crime contre les Jeux</em> »3. Ce retournement est symptomatique du traumatisme vécu par une frange de journalistes présents dans la capitale allemande. En revanche, une partie des quotidiens de droite et d’extrême-droite apparaissent admiratifs devant les méthodes germaniques, et enjoignent la France a les imiter. <em>Le Figaro</em> écrit à ce sujet: « <em>Jamais encore les États généraux du sport amateur n‘avaient été présentés d‘aussi prestigieuse et grandiose façon. Grâce en soit rendue aux Allemands. [...] Ainsi nos voisins auront bien travaillé à la fois pour le sport et pour leur propre propagande. C‘est là de l‘argent bien placé, on ne peut que les en féliciter</em> »4. <em>Candide </em>renchérit: « <em>Voici les Allemands devenus les premiers des peuples sportifs, la première race du monde. Éternelle Germanie immuable ! Elle est forte, ce qu’elle fait est grand. [...] Les nations à État autoritaire préparent les victoires sportives et les races fortes. Nous, nous préparons la guerre civile. On ne peut pas tout faire</em> »5. A gauche, on tente de prévenir ces dérives, ce détournement des Jeux qui permet de réaliser des parallèles avec le Reich. Le quotidien <em>Vendredi</em> met en garde: « <em>Ah ! Il nous faudrait un régime comme celui-ci pour enfin faire quelque chose! Il est probable qu‘à l‘heure actuelle, beaucoup de journaux français vous chantent plus ou moins cette antienne et profitent des Jeux olympiques pour faire une propagande plus ou moins ouverte au régime hitlérien</em> »6. Les discussions s’éternisent plus d’un mois après la clôture des Jeux, et posent les fondements du débat sur la mise en valeur et l’utilisation du sport au sein de la société française. Désormais consciente du retard croissant qu’elle accumule face aux pays totalitaires, la France va devoir désormais réfléchir aux moyens de combler ces lacunes.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_154" class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><img class="size-medium wp-image-154" title="owens" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/owens-240x300.jpg" alt="Jesse Owens" width="240" height="300" /><p class="wp-caption-text">Jesse Owens</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il est convenu que les Jeux olympiques sont un fidèle reflet des rapports de force qui existent entre pays. Cette propension s’accroît inexorablement au cours des années trente, ainsi que le fait remarquer Jean Saint-Martin: « <em>A partir d‘idéologies et de projets politiques radicalement différents, l‘Europe rend effective la démocratisation de &#8216;l&#8217;arme&#8217; sportive afin de renchérir sur les choix entrepris au-delà de ses frontières et de faire briller les couleurs nationales. [...] Les idéologies politiques et les modèles politiques s‘affrontent sur un nouveau terrain: l‘enceinte sportive, où se joue désormais la déformation excessive du patriotisme</em> »7. De ce point de vue, les Jeux de Berlin consacrent un Reich gagnant sur tous les fronts, dévoilant au grand jour l’éclat d’une Allemagne hitlérienne nouvelle et puissante, mais également les faiblesses endémiques et alarmantes des démocraties, et de la France en particulier: cette dernière, incapable de s’imposer sur le plan diplomatique, est aussi battue en brèche sur le stade. Le sport, c’est la guerre par d’autres moyens, et à ce jeu, l’Allemagne fait figure de grand vainqueur. L’olympiade est une abdication de plus de la part des démocraties, trouvant parfaitement sa place dans le processus d’escalade qui doit aboutir au second conflit mondial. L’arène sportive ne ment pas: l’attitude d’une France timorée, mal préparée voire apathique, prend la forme d’un prélude à la débâcle militaire de 1940. Le commentaire de l’historien américain Eugen Weber à ce sujet est sans équivoque: « <em>Les hommes ne sont pas les jouets de l‘histoire &#8211; jouets des flux, des courants, des lois qu‘ils ne peuvent changer. Ils sont des sujets responsables: des acteurs qui écrivent et réécrivent leur scénario en passant d‘une décision à l‘autre ou qui, en ne décidant pas, l‘abandonnent à d‘autres. [...] Les Français des années trente ne voulaient pas, ne pouvaient pas décider. Ils ont laissé les autres forger leur destin et on dû payer le prix de cette abdication </em>»8.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Jeux de la XIIè olympiade sont prévus pour 1940 au pays du soleil levant, à Tokyo. Le second conflit mondial éclatant à l’été 1939, ils ne peuvent avoir lieu. La prise des armes aux quatre coins de la planète entraîne une rupture de la trève olympique, qui dure douze longues années: la flamme ne renaîtra en effet qu’en 1948, à Londres&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Notes</span></p>
<p style="text-align: justify;">1- <em>L’Auto</em>, 31 juillet 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">2- <em>L’Auto</em>, 17 août 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">3- «Entretien avec Jacques Goddet» in Fabrice Abgrall et François Thomazeau,  <em>1936 &#8211; La France à l’épreuve des Jeux Olympiques de Berlin</em>, Paris, Alvik, 2006, pp. 277-278.</p>
<p style="text-align: justify;">4- <em>Le Figaro</em>, 17 août 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">5- <em>Candide</em>, 20 août 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">6- <em>Vendredi</em>, 7 août 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">7- Jean Saint-Martin, « Sport, nationalismes et propagande (1918-1939 », in Philippe Tétart (dir.), <em>Histoire du sport en France du second Empire au régime de Vichy</em>, Paris, Vuibert, p. 207.</p>
<p style="text-align: justify;">8- Eugen Weber, <em>Hollow years, France in the 1930s</em>, New York, W. Norton and Co, 1995, p. 6.</p>
<p><!-- ISI_LISTEN_STOP_1 --></p>
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		<title>La France face aux Jeux de Berlin &#8211; 1936 (Partie 3)</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Mar 2009 15:25:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reydecali</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La polémique berlinoise dans le milieu sportif et l’opinion publique
La question olympique est également le centre de toutes les attentions au sein du milieu sportif français. La position de Léo Lagrange a déjà été évoquée, le sous-secrétaire d’État se trouvant contraint, malgré son aversion pour l’instrumentalisation nazie du sport, d’opter pour une ligne de conduite [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>La polémique berlinoise dans le milieu sportif et l’opinion publique</h4>
<p style="text-align: justify;">La question olympique est également le centre de toutes les attentions au sein du milieu sportif français. La position de Léo Lagrange a déjà été évoquée, le sous-secrétaire d’État se trouvant contraint, malgré son aversion pour l’instrumentalisation nazie du sport, d’opter pour une ligne de conduite relativement neutre, même s’il favorise en coulisses l’envoi d’une délégation en Catalogne.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne l’instance dirigeante du mouvement sportif hexagonal, à savoir le Comité olympique français (COF), on milite activement pour la participation tricolore à Berlin. Son président depuis 1933, Armand Massard, est l’un des plus ardents défenseurs de cette cause dans le débat qui a cours. L’argument qu’il réitère sans cesse, et qui devient au fil du temps son credo, est celui de l’apolitisme sportif. En effet, pour lui, le sport doit rester à l’écart de la sphère politique: dès lors, étant donné que ce ne sont ni les nations, ni les villes qui invitent aux Jeux olympiques (comme il est convenu dans la Charte olympique), mais le CIO, la décision de se rendre ou non à Berlin revient au COF, et les milieux politiques n’ont pas à intervenir dans cette affaire: « <em>Ce n’est que le Comité International Olympique, aux destinées duquel préside le comte belge Baillet-Latour, qui pourrait devant un fait sans précédent, prendre une sanction d’annulation ou de remise &#8211; sans précédent </em>»1, déclare-t-il en mars 1936. Cette thèse trouve un écho largement favorable dans le monde sportif. Lorsque la Chambre accepte de voter les crédits pour Barcelone, en retranchant une partie des fonds initialement alloués au déplacement outre-Rhin, Massard s’élève avec virulence contre cette résolution, n’hésitant pas à accuser le gouvernement de « <em>mettre des bâtons dans les roues olympiq</em>ues ». Derrière son apolitisme de façade, il s’engage dans cette bataille sur le terrain même de la politique (notons qu’il est membre de droite du Conseil de Paris), son attitude revêtant dès lors, une certaine ambiguïté&#8230;<br />
<span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_141" class="wp-caption alignright" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-medium wp-image-141" title="lapebie" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/lapebie-300x154.jpg" alt="Guy Lapébie, médaillé d'argent sur 100 kms à Berlin" width="300" height="154" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Guy Lapébie, médaillé d&#8217;argent sur 100 kms à Berlin</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Les sportifs, de leur côté, restent complètement hors du débat. A l’image d’une France revigorée par le Front Populaire (qui suscite beaucoup d’espoir dans les milieux modestes), profondément attachée au pacifisme, quelque peu «naïve», ne voulant en tout cas pas se rendre compte de l’imminence d’un nouveau conflit, les athlètes ne se préoccupent pas réellement de ce qui se passe chez le voisin allemand. Ils se concentrent uniquement sur le sportif, et sont fiers de représenter leur nation aux Jeux. Les propos du double champion olympique de cyclisme, Guy Lapébie, extraits d’un entretien réalisé à Bordeaux en 2005, sont à ce titre, particulièrement éloquents. A la question: « <em>l’idée de vous rendre à Berlin, dans l’Allemagne nazie, dans l’Allemagne de Hitler vous a t-elle dérangé ?</em> », il répond: « <em>Non. Comme les autres d‘ailleurs. D‘abord, parce que personne ne faisait de politique. On ne faisait que du sport et on ne pensait qu‘à ça. Nous n‘avions qu‘un seul but: être sélectionné pour aller aux Jeux de Berlin </em>»2. Plus loin, il déclare même ne pas avoir entendu parler des campagnes de boycott, et précise bien qu’il « <em>ne savait pas vraiment ce qui se passait en Allemagne et toutes les atrocités qui étaient commises</em> »3. Ce discours, dont les fondements sont repris par nombre d’athlètes dans leurs témoignages post-olympiade, est un leitmotiv pour les sélectionnés français.<br />
<span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_142" class="wp-caption alignleft" style="width: 237px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-medium wp-image-142" title="coubertin" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/coubertin-227x300.jpg" alt="Pierre de Coubertin" width="227" height="300" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Pierre de Coubertin</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Enfin, des figures françaises qui font exemple d’autorité morale dans le champ sportif, apportent elles aussi leur caution aux Jeux du Reich. Pierre de Coubertin semble se voiler la face, et faire même preuve d’un aveuglement admiratif des organisateurs germaniques, qui fournissent des efforts inouïs afin de donner aux Jeux un faste sans précédent. Pour lui, la fin, à savoir la réussite grandiose de l’olympiade berlinoise, justifie amplement les moyens mis en œuvre, et la ferveur nationaliste qui en découle. En août 1936, il parle ainsi de l’événement en ces termes: « <em>Quoi ? Les Jeux défigurés ? L’idée olympique sacrifiée à la propagande ? C’est entièrement faux! La grandiose réussite des Jeux de Berlin a magnifiquement servi l’idéal olympique. [...] Il faut laisser s’épanouir librement l’idée olympique, et savoir ne craindre ni la passion, ni l’excès que créent la fièvre et l’enthousiasme nécessaires. [...] Il est bon que chaque nation, dans le monde, tienne à l’honneur d’accueillir les Jeux et de les célébrer à sa manière, selon son imagination et ses moyens. On s’inquiète en France de ce que les Jeux de 1936 ont été éclairés par la force de la discipline hitlérienne. Comment pouvait-il en être autrement? Il est éminemment souhaitable, au contraire, que les Jeux entrent ainsi, avec ce bonheur, dans le vêtement que chaque peuple tisse pendant quatre ans à leur intention</em> »4.<br />
<span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le même ordre d’idée, le marquis Melchior de Polignac, membre français du CIO depuis 1911, fait preuve d’une auto-persuasion sans retenue. Il répond ainsi dans le quotidien <em>L’Auto</em> en 1935, aux appréhensions concernant l’antisémitisme des nazis, qui menace, de fait, les Jeux: « <em>Le CIO possède dans ses archives une lettre signée par Hitler par laquelle le Führer allemand déclare que les non-aryens bénéficieront, lors des Jeux olympiques de 1936, des mêmes prérogatives que les purs aryens. Il s’agit là d’un engagement formel. Tellement formel qu’à nos yeux, il permet de considérer la question aryenne comme résolue </em>»5.</p>
<p style="text-align: justify;">Seule la FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail) d’Auguste Delaune, s’affiche en faveur du boycott. A l’image du parti communiste, en se rendant compte que la tâche devient de plus en plus compliquée, elle s’engage massivement derrière les olympiades populaires de Barcelone. Elle négocie alors avec Lagrange pour obtenir les crédits nécessaires au déplacement, tout en continuant de dénigrer, notamment au travers de la presse de gauche, les Jeux nazis.</p>
<p style="text-align: justify;">En troisième lieu, le débat sur les Jeux est tumultueux au sein de l’opinion française: ceci est particulièrement observable au travers de la presse, où les clivages sont marqués. Une âpre polémique prend forme, dans un premier temps, à l’instigation de la presse sportive. Le quotidien de référence en la matière, <em>L’Auto</em>, est réputé pour son apolitisme. Pourtant, à l’approche des Jeux, et au milieu de la campagne de boycott qui alimente les discussions, il prend fait et cause pour Berlin. Après avoir encensé les Jeux d’hiver de Garmisch-Partenkirchen, le journal de Jacques Goddet s’inscrit dans la controverse en tant que défenseur de l’olympisme, et de la nécessaire neutralité du sport. Dans son sillage, il entraîne des organes comme <em>Le Jour, Excelsior, L’Echo de Paris, Paris-Soir, Candide, </em>et surtout <em>Le Figaro</em>. Pour leur faire face, le clan de l’opposition aux Jeux est emmené par <em>Le  Sport</em>, hebdomadaire de la FSGT, proche des valeurs communistes, qui dénonce le détournement des valeurs olympiques. Le journal est le premier, le 14 août 1935, à évoquer le boycottage des Jeux nazis: « <em>Pas un sou, pas un homme pour les Jeux olympiques de Berlin: tel est le mot d‘ordre autour duquel doivent se réunir tous les sportifs et tous ceux qui entendre rétablir les libertés violées et supprimées dans les pays fascistes</em> »6. Après les Jeux de Garmisch, le quotidien reçoit l’appui d’une grande majorité de la presse de gauche, notamment celui des journaux <em>Le Populaire, L’Oeuvre, Vendredi, Marianne</em>, et bien entendu <em>L’Humanité</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette polémique, il est intéressant de constater que l’affaire des Jeux dépassent le cadre purement sportif: les clivages qui s’opèrent sur une question dont les racines apolitiques sont bien souvent mises en avant, recoupent en effet les différences d’opinion, voire les tendances des quotidiens protagonistes. Quelle part d’opportunisme politique doit-on dès lors y déceler? Il semble que la presse de droite défend massivement la participation aux Jeux, alors que celle de gauche lutte farouchement contre ces derniers&#8230; Il devient dès lors difficile de croire à la neutralité affichée, qui résiste mal à l’analyse. C’est en particulier le cas de <em>L’Auto</em>, qui a toujours entretenu des liens très étroits avec la politique: un homme, Marcel Oger, est le trait d’union entre le journal et les politiciens; il est chargé officieusement de négocier avec les dirigeants du pays la ligne éditoriale du quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.<br />
</span>Une fois les crédits votés, le débat ne prend pas fin, au contraire : <em>L’Humanité</em> accuse <em>L’Auto</em> de complaisance avec le régime nazi, alors que ce dernier devient la tribune des «pro-Jeux». Elle dure jusqu’à l’ouverture de la manifestation, le 31 juillet 1936.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.<br />
.</span><br />
<span style="text-decoration: underline;">Notes</span></p>
<p style="text-align: justify;">1- <em>L’intransigeant</em>, 13 mars 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">2- «Entretien avec Guy Lapébie», in Fabrice Abgrall et François Thomazeau, <em>1936 &#8211; La France à l’épreuve des Jeux Olympiques de Berlin</em>, Paris, Alvik, 2006, p. 186.</p>
<p style="text-align: justify;">3- <em>Ibid</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">4- <em>Le Journal</em>, 24 août 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">5- Fabrice Abgrall et François Thomazeau, <em>op. cit.</em>, p. 162.</p>
<p style="text-align: justify;">6- <em>Le Sport</em>, 14 août 1935</p>
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		<title>La France face aux Jeux de Berlin &#8211; 1936 (Partie 2)</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Mar 2009 15:02:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reydecali</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le débat sur la participation aux Jeux de Berlin dans le monde et au sein du milieu politique français
.

La campagne de boycott, esquissée de manière parcimonieuse au sein de foyers peu influents, prend de l’ampleur à l’instigation de la presse américaine, qui dénonce l’olympiade berlinoise dès 1933. Au mois de juin, la puissante AUU (Amateur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4>Le débat sur la participation aux Jeux de Berlin dans le monde et au sein du milieu politique français</h4>
<p><span style="color: #ffffff;">.<br />
</span></p>
<div id="attachment_128" class="wp-caption alignright" style="width: 249px"><img class="size-medium wp-image-128" title="brundage1" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/brundage1-239x300.jpg" alt="Brundage en visite à Berlin en 1934" width="239" height="300" /><p class="wp-caption-text">Brundage en visite à Berlin en 1934</p></div>
<p style="text-align: justify;">La campagne de boycott, esquissée de manière parcimonieuse au sein de foyers peu influents, prend de l’ampleur à l’instigation de la presse américaine, qui dénonce l’olympiade berlinoise dès 1933. Au mois de juin, la puissante AUU (Amateur Athletic Union of the United States) adopte une résolution en faveur du boycott des Jeux nazis. Cette mesure est globalement le reflet de l’opinion publique américaine et internationale à ce moment, peu réceptives aux promesses allemandes. Pourtant, après une commission d’enquête menée par Avery Brundage (président de l’AOC, Cominté olympique américain), qui s’apparente plus à une parodie qu’à autre chose (il se rend en personne et seul outre-Rhin pour s’assurer que les Allemands respectent bien le règlement olympique, ces derniers ayant dès lors tout loisir de ne lui dévoiler que ce qu’ils veulent bien montrer&#8230;), l’AOC décide, le 26 septembre 1934, d’accepter l’invitation berlinoise. L’année 1935 est marquée par un regain de vigueur de la campagne de boycott, notamment à la suite de la promulgation des lois de Nuremberg. Les médias, des personnalités et des intellectuels montent en première ligne, alors que les syndicats et la jeunesse américaine s’impliquent eux aussi énergiquement. Rien n’y fait, l’influence de Brundage, conservateur favorable à la participation, fait pencher la balance: en décembre 1935, l’AAU entérine finalement la décision de se rendre en Allemagne.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_129" class="wp-caption alignleft" style="width: 213px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-medium wp-image-129" title="barcelone361" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/barcelone361-203x300.jpg" alt="Affiche des Jeux populaires de Barcelone" width="203" height="300" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Affiche des Jeux populaires de Barcelone</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Hors du pays de l’Oncle Sam, la croisade est essentiellement l’œuvre des forces ouvrières (les associations sportives, au nom de l’apolitisme, restant elles à l’écart du débat). Le monde du prolétariat se mobilise, et l’on assiste dans de nombreux pays, à la création de divers comités prônant la défense des droits de l’homme, de l’idée olympique, avec comme leitmotiv, la protestation contre les Jeux allemands. Une activité particulièrement importante est décelable en Tchécoslovaquie, où est prévue l’organisation d’une olympiade populaire à Prague, du 1er au 9 août 1936, ainsi qu’en Espagne, où le mouvement de boycott trouve un souffle nouveau avec l’élection du <em>Frente Popular</em>, en février 1936. Au mois d’avril à Barcelone a lieu une grande manifestation, au cours de laquelle les participants expriment haut et fort leur aversion pour les J.O. de Berlin. Cette rencontre sonne, d’autre part, comme un prélude aux olympiades populaires qui doivent se tenir à Barcelone à partir du 19 juillet, sous la présidence du gouvernement de Catalogne.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces revendications sont appuyées par des prises de position à titre personnel, émanant notamment d’intellectuels anti-fascistes, tels Heinrich Mann &#8211; en particulier dans son discours <em>Les sportifs olympiques, gladiateurs de Hitler</em>, qui a un impact notable dans la mobilisation en faveur du boycott-, ainsi que l’explorateur et écrivain danois Peter Freuchen, d’artistes, comme le sculpteur tchèque Jakub Obrowsky, et de quelques sportifs, dont la Néerlandaise Tollien Schuurmann, ou l’Autrichienne Julie Deutsch (cette dernière refusera de prendre part aux compétitions).</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;">En France, la polémique sur les Jeux prend de l’envergure assez tardivement, du moins plusieurs mois après la controverse qui a cours outre-Alantique. Elle prend forme au sein de trois secteurs particuliers de la société: le politique, le sportif, et l’opinion publique, dont le révélateur prédominant est la presse.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_130" class="wp-caption alignright" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-medium wp-image-130" title="blum1" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/blum1-300x199.jpg" alt="Léon Blum lors de la victoire du Front Populaire en 1936" width="300" height="199" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Léon Blum lors de la victoire du Front Populaire en 1936</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Au niveau politique, la campagne contre la manifestation olympique est, dans un premier temps, le fait de l’opposition de gauche. Le 17 décembre 1935, le député socialiste Jean Longuet est le premier à faire entendre sa voix. Il propose devant l’Assemblée un amendement demandant la suppression de la subvention allouée à la participation de l’équipe nationale, ainsi que le refus de concourir dans la capitale du Reich. Son réquisitoire est virulent, mais il n’est finalement pas suivi par la Chambre. Pour autant, cette intervention lance indubitablement le débat au sein de l’hexagone. En mai 1936, la victoire électorale du Front Populaire repose sur le devant de la scène la question de la participation. L’arrivée au pouvoir d’une coalition de gauche, fondamentalement opposée à l’hitlérisme, relance les espoirs des détracteurs des Jeux nazis. Pourtant, il apparaît que le gouvernement de Léon Blum est à la fois passif et indécis dans cette affaire, et adopte une position que l’on peut qualifier d’intermédiaire. Soucieux de préserver ses alliés, en particulier les communistes (qui mènent une campagne caustique contre les Jeux allemands et militent dans le même temps pour l’olympiade populaire de Barcelone), ainsi que ses ennemis de droite (qui ont entre leurs mains les clés du mouvement sportif, et sont donc majoritairement en faveur de la participation), il propose un projet de loi, qui ressemble à un compromis de circonstance: « <em>Le gouvernement n’a pas fait opposition à la participation de la France aux Jeux olympiques. Et il a autorisé notre pays à participer aux Jeux populaires de Barcelone. En conséquence, deux projets de loi seront déposés par ses soins sur le bureau de la Chambre, l’un demandant le vote d’un crédit d’un million pour les Jeux de Berlin, l’autre de six cent mille francs pour les Jeux de Barcelone</em> »1. Il semble que le Front Populaire souhaite contenter tout le monde, en permettant d’un côté au mouvement sportif français d’être présent en Allemagne, alors que dans le même temps les partisans des Jeux catalans se voient octroyer une aide financière (retranchée à la subvention initialement prévue pour Berlin) leur permettant de dépêcher une délégation en Espagne. Le débat parlementaire a lieu le 9 juillet, et prend la forme d’une joute de pure forme. Le gouvernement, représenté par le sous-secrétaire d’État aux loisirs et aux sports Léo Lagrange, reste hors de la polémique. Le député communiste Florimond Bonte défend les couleurs des opposants aux Jeux, auquel répond le radical François Piétri, qui milite pour le principe d’une décision prise au nom de l’apolitisme. Au final, les crédits sont votés sans surprise à une écrasante majorité, par 521 voix à 1. Seul un jeune élu radical, Pierre Mendès France, s’exprime contre. Les communistes, de leur côté, s’abstiennent, voulant éviter de voir la motion concernant les crédits barcelonais être bloquée.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelles hypothèses pouvons-nous apporter sur l’attitude résolument louvoyante arborée par le Front Populaire dans cette controverse?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans une Europe qui commence à être tourmentée par la montée des totalitarismes en ce milieu des années 1930, il serait aisé de penser que la question olympique ne soit pas traitée en tant que priorité, au milieu de l’abondance de dossiers qui s’amoncèlent sur le bureau de Léon Blum. Pourtant, il apparaît que le chapitre des Jeux occupe une place bien plus qu’anecdotique dans la diplomatie française à cette époque, ainsi que le fait remarquer Jean-Baptiste Duroselle: «<em> Cette affaire des Jeux olympiques n’est superficielle qu’en apparence. Elle atteint en effet un public infiniment plus vaste que les diverses actions, même ouvertes, de la diplomatie </em>»2 . Il ressort que la thématique olympique entre dans une stratégie à plus large échelle, où le gouvernement français semble être victime de ses propres contradictions.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un premier temps, il est clair que le Front Populaire ne souhaite pas porter un coup au mouvement sportif, dont le couronnement est l’olympisme. A l’image du sous-secrétaire d’État aux loisirs et aux sports, Léo Lagrange, il ambitionne de démilitariser le sport, et refuse dès lors d’incorporer ce dernier au sein d’une diplomatie d’État. Les hommes de gauche sont de plus, profondément attachés aux idéaux de Coubertin, capables de rassembler les hommes autour d’un concensus positif: l’idée internationale de paix.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_131" class="wp-caption alignleft" style="width: 237px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-medium wp-image-131" title="lagrange1" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/lagrange1-227x300.jpg" alt="Léo Lagrange" width="227" height="300" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Léo Lagrange</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, l’olympisme jouit d’une grande popularité auprès de l’opinion publique: l’on décèle là une volonté évidente de ne pas froisser les masses, notamment populaires. A ce titre, l’attitude de Léo Lagrange est particulièrement révélatrice. Indiscutablement opposé aux Jeux du Reich, il est néanmoins conscient des risques d’éclatement du rassemblement populaire. N’ayant pas les moyens d’endiguer la vague qui conduira la France outre-Rhin, il déploie une farouche volonté pour permettre au pays de se rendre aux <em>olympiadias populares</em>: « <em>faute de pouvoir s’opposer à l’envoi des sportifs français à Berlin, Léo Lagrange engage la France à fond dans une participation à ces contre-Jeux de Barcelone</em> »3.</p>
<p style="text-align: justify;">En dernier lieu, et il s’agit là sans aucun doute du principal facteur explicatif, l’affaire olympique est la première grande décision internationale du gouvernement Blum. Lui et son parti sont profondément attachés à la paix, et veulent adapter leurs prises de position en matière de <em>Realpolitik</em> à cette fin. A l’aube de l’été 1936, il affleure que le Front Populaire soit tenté par un rapprochement, au moins momentané, avec l’Allemagne hitlérienne. L’ambassadeur de France outre-Rhin, André François-Poncet, semble jouer un rôle particulièrement influent dans cette résolution. Il est en effet persuadé qu’une participation des athlètes tricolores à Berlin est indispensable, car selon lui, les Jeux olympiques vont renforcer les efforts de paix en Europe. Il déclare ainsi aux journalistes de <em>L‘Auto</em>: « <em>Je ne puis vous dire qu’une chose, c’est que j’ai tout fait pour que la France soit représentée aux Jeux de Berlin. J‘attends maintenant en vrai sportif une décision de mon gouvernement</em> »4. Et il invite, en coulisses, sa hiérarchie à prendre position en faveur des Jeux, afin de ne pas provoquer de rupture avec l’ogre allemand. Car, comme le fait remarquer à juste titre Jean-Marie Brohm, « <em>soucieux de préserver la paix, le gouvernement de Léon Blum ne peut pas déclarer la guerre olympique</em> »5.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;">La France, en choisissant de se rendre dans la capitale du Reich pour l’olympiade, ménage l’Allemagne, mais cela au prix d’un attentisme dangereux. En effet, il apparaît que cette résolution entre dans le terrible engrenage des reculades, qui trouve son point d’orgue à Munich en 1938: après l’affaire éthiopienne (dans laquelle l’Italie de Mussolini est impliquée), la remilitarisation de la Rhénanie en mars 1936, la participation aux Jeux nazis s’intègre dans une série de décisions démontrant l’impossibilité pour la France, et à plus large échelle pour les démocraties, de faire front contre les totalitarismes (l’apathie de la société des nations dans les affaires précédemment évoquées est à ce titre, éloquente). Après les États-Unis, l’aval de la France aux Jeux est le dernier succès qui manquait au Reich pour exploiter ces derniers.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Notes</span></p>
<p style="text-align: justify;">1- <em>L’Auto</em>, 20 juin 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">2- Jean-Baptiste Duroselle, <em>Politique étrangère de la France. La décadence, 1932-1939</em>, Paris, Seuil, 1979, p. 185.</p>
<p style="text-align: justify;">3- Fabrice Abgrall et François Thomazeau, <em>1936 &#8211; La France à l’épreuve des Jeux Olympiques de Berlin</em>, Paris, Alvik, 2006, p. 48.</p>
<p style="text-align: justify;">4- <em>L’Auto</em>, 19 juin 1936.</p>
<p style="text-align: justify;">5- Jean-Marie Brohm, <em>1936 &#8211; Jeux Olympiques à Berlin</em>, Bruxelles, Editions Complexe, 1983, p. 88.</p>
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		<title>La France face aux Jeux de Berlin &#8211; 1936 (partie 1)</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Mar 2009 14:25:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reydecali</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Plus d’un siècle après avoir été restaurés à l’initiative de l’utopiste baron français Pierre de Coubertin, les Jeux olympiques, manifestation universelle par excellence, ont définitivement perdu leur label de « jeu ». Les intrications qu’ils entretiennent avec la politique, les enjeux qu’ils impliquent, les passions qu’ils déchaînent, l’intérêt majeur qu’ils représentent pour les états qui, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-116" title="berlin361" src="http://www.sport-fever.com/wp-content/uploads/2009/03/berlin361.jpg" alt="berlin361" width="174" height="269" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Plus d’un siècle après avoir été restaurés à l’initiative de l’utopiste baron français Pierre de Coubertin, les Jeux olympiques, manifestation universelle par excellence, ont définitivement perdu leur label de « jeu ». Les intrications qu’ils entretiennent avec la politique, les enjeux qu’ils impliquent, les passions qu’ils déchaînent, l’intérêt majeur qu’ils représentent pour les états qui, depuis des âges reculés, ont toujours été soucieux de se comparer à leurs voisins, prompts à affirmer leur supériorité, ont fini par consommer leur vocation originelle. Instrumentalisés sans relâche par des nations, des gouvernements, des groupes, tout au long d’un XXè siècle au cours duquel les termes « universalité » et « globalisation » ont pris leur véritable sens, ils sont peu à peu passés d’un statut ludique à celui d’acteur à part entière de l’inextricable monde des relations internationales. A la veille des Jeux de Pékin, l’intense campagne de boycott menée contre ces derniers est là, une nouvelle fois, pour nous le rappeler vertement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’est évoquée une instrumentalisation politique des anneaux, une date vient immédiatement à l’esprit, et fait office de référence dans les manuels d’histoire : 1936, et les Jeux organisés à Berlin, sous l’égide du IIIè Reich. Si la genèse de l’olympisme moderne est pervertie, dès le départ, par les intrications politiques qu’il génère, la fascisation du sport au tournant des années 1930, et l’exploitation de ce dernier par les régimes totalitaires, font qu’un nouveau cap est franchi. Car désormais, en matière de sport, la question de la position à prendre dans le manège tourmenté de la géopolitique internationale « <em>s‘avère primordiale et permanente</em> »1.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous a ainsi paru intéressant de revenir en détail sur ces Jeux nazis, et de mettre en lumière l’attitude de la France qui, de la campagne de boycott à la participation, joue un rôle majeur dans le succès du dessein d’Hitler, et se trouve être un des révélateurs dans les déséquilibres qui vont conduire au second conflit mondial.<br />
<span style="color: #ffffff;">.<br />
</span></p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;"><em> </em></span>L’investiture conférée à l’Allemagne</h4>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;"> </span>Au prime abord, nous pouvons nous demander comment l’organisation d’une manifestation comme les Jeux olympiques, vouée à célébrer la paix entre les peuples, a pu ainsi échoir entre les mains d’un régime totalitaire. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour tenter d’expliquer ce qui apparaît, à première vue, comme une aberration.</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’au début des années 1930, les relations entre l’Allemagne et le monde des anneaux sont pour le moins chaotiques. Après des premiers pas hésitants sur le stade, les Allemands décident de s’investir plus généreusement dans l’aventure olympique. Ils font ainsi acte de candidature, et Berlin est retenue pour les Jeux de 1916. Mais l’événement se trouve annulé en raison de la guerre : les vaincus sont exclus du mouvement olympique, et se voient priver des compétitions d’Anvers en 1920, et de Paris en 1924. Le sport continue cependant son développement dans le pays, réputé pour son ancienne tradition sportive, cultivée depuis Bismarck, en passant par Guillaume II et la République de Weimar. Un homme, Theodor Lewald, qui avait pris une part active lors de la candidature de 1916, rêve toujours de voir sa patrie héberger la grande manifestation quadriennale. Il parvient à se faire élire au sein du comité exécutif du CIO en 1926 (sur proposition de Coubertin), et s’attèle dès cet instant à monter un nouveau projet. Celui-ci reçoit un très bon écho auprès de l’instance suprême &#8211; séduit par la capacité d’organisation et la rigeur germaniques -, qui décide finalement d’attribuer les Jeux à la capitale allemande lors de la session de Lausanne, le 13 mai 1931. Lewald intervient auprès des milieux capitalistes du pays, et les convainc des bénéfices qu’ils peuvent retirer des Jeux. Puis, après avoir obtenu l’accord d’Hitler, il met sur pied, en collaboration avec le Comité National Olympique allemand, un comité d’organisation, qui voit officiellement le jour le 24 janvier 1933.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec l’arrivée des nazis au pouvoir, c’est pourtant sans surprise que l’on assiste dans tout le Reich à une véritable « fascisation » du sport, qui est mis sous la tutelle de l’État. Dès avril 1933, le général Hans Tschammer und Osten est nommé Reichssportfürher. Rattaché au ministère de l’intérieur, il contrôle tout ce qui touche de près ou de loin au domaine sportif. Dans l’esprit des dirigeants nationaux-socialistes, le sport tient une place particulière dans leur stratégie politique, puisqu’il est destiné à être un instrument du raffermissement du nationalisme allemand. En plus de consolider et d’endurcir la race aryenne, il doit contribuer à servir les ambitions militaires et expansionnistes du Reich, en forgeant une jeunesse destinée à devenir une armée indestructible : « <em>le sport nazi entend donc être l‘antidote à la dégénérescence de la race aryenne et il participe au déploiement d‘un sentiment pangermaniste idéalisant un futur où le peuple allemand, réuni et conquérant, pourra régner sur l‘Europe</em> »2. Ainsi est instauré un système de promotion des exercices physiques, parfaitement huilé, qui touche toutes les couches de la société, en particulier les enfants, qui entament leur formation dès le plus jeune âge.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1931, il y avait objectivement peu de raisons pour le CIO de ne pas porter son choix sur l’Allemagne, qui déployait de larges efforts pour se réconcilier avec le monde de l’olympisme. Pourtant, devant les dérives croissantes opérées par les nazis, nous pouvons nous demander pourquoi le CIO, qui a vocation d’organe suprême, est resté passif, voire a cautionné les méthodes nationales-socialistes.</p>
<p style="text-align: justify;">L’olympisme apparaît, une fois de plus, être victime de ses contradictions initiales. Instrumentalisé, le stade devient le champ clos d’un affrontement, non plus entre athlètes, mais entre nations, qui n’ont d’autre but que la suprématie sportive, traduction de leur puissance extérieure. En outre, lorsqu’il évoque son œuvre, le baron de Coubertin aime à faire l’apologie de la force virile, de la compétition, des vertus d’honneur du drapeau et de la race, amenées à ériger un homme nouveau : « <em>la première caractéristique essentielle de l‘olympisme ancien aussi bien que de l‘olympisme moderne, c‘est d‘être une religion. En ciselant son corps par l‘exercice comme le fait un sculpteur d‘une statue, l‘athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l‘athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau</em> »3. Ces propos présentent des similitudes idéologiques flagrantes avec la doctrine nazie. Hitler et les responsables du mouvement sportif allemand ne manqueront d’ailleurs pas une occasion de se référer aux ambiguïtés des paroles du restaurateur pour justifier leur démarche. Les dirigeants olympiques font eux aussi preuve d’une grande complaisance à l’égard des méthodes du Reich. En effet, sans être des nazis, les Baillet-Latour, Brundage, Sherill ou même Coubertin (qui bien que ne faisant plus partie officiellement de l’organigramme de l’institution, garde une influence certaine, et reste une caution morale incontournable), ne cachent pas leur admiration pour les hommes forts et les régimes musclés. Ainsi, tant pour motifs sportifs (l’Allemagne considérée comme terre d’élection des exercices physiques, et reconnue pour sa capacité à organiser une manifestation d’une telle ampleur), que politiques (leur vision du sport et de l’olympisme se rapproche largement de celle du führer), le CIO s’engage ouvertement pour le maintien des Jeux outre-Rhin. L’olympisme et les nazis trouvent tous deux un intérêt dans cette affaire, Jean-Marie Brohm allant jusqu’à parler de la « rencontre de deux expansionnismes » : « <em>celui de l‘impérialisme hitlérien en quête de prestige et de reconnaissance internationale, avec celui du mouvement olympique cherchant à imposer la religion athlétique, “doctrine philosophico-religieuse“ selon l‘expression de Coubertin</em> »4.</p>
<p style="text-align: justify;">Hitler, qui semble durant les premiers temps peu intéressé par la question des Jeux, est convaincu par son ministre de la propagande, Goebbels, que cet événement représente une « <em>occasion de propagande sans précédent</em> », selon ses propres termes. Le führer lance alors son pays dans l’odysée olympique, en gardant en point de mire deux objectifs principaux :</p>
<p style="text-align: justify;">- d’un côté, il souhaite donner l’image apaisante d’une Allemagne hospitalière et adoucie face aux démocraties.</p>
<p style="text-align: justify;">- d’un autre, il désire utiliser les Jeux comme paravent pour ancrer le régime et réarmer à outrance, en toute impunité.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant dès 1933 surgissent les premières interrogations, et les premières inquiétudes. Face aux mesures discriminatoires prises à l’encontre des juifs, plusieurs démocraties posent un cas de conscience : peut-on décemment organiser les Jeux dans un pays ouvertement raciste ? Le CIO, par la voix de son président Baillet-Latour, émet également des réserves, n’hésitant pas à mettre sur la table le problème de la discrimination raciale, et exige des dirigeants allemands des garanties quant au respect de la Charte olympique. Lors de la 31ème session du CIO, qui se tient à Vienne du 7 au 9 juin 1933, les membres allemands de l’instance (Carl Diem, président du CNO allemand, et Theodor Lewald), apportent une notification écrite, émanant du ministre de l’intérieur Frick, attestant que l’Allemagne organisera bien les Jeux suivant le règlement en vigueur. Ces assurances de pure forme ressemblent davantage à une vague promesse, qui n’entravera pas les nazis dans leur entreprise, mais elles suffisent au CIO, qui entérine sa décision de confier les Jeux à Garmisch-Partenkirchen (J.O d’hiver) et à Berlin. Il affleure clairement que les chantres de l’olympisme se voilent la face, réduisant leur intervention à une non-intervention complice : « <em>Il est difficile d‘imaginer complicité plus étroite avec un régime fasciste. Personne n‘ignorait, en effet, et les responsables olympiques encore moins que quiconque, que les nazis concevaient le sport comme une continuation de la politique par d‘autres moyens. [...] Aussi fallait-il une bonne dose de cynisme ou d‘inconscience pour se satisfaire de telles assurances</em> »5. Néanmoins, le durcissement constant du régime national-socialiste inquiète de plus en plus les démocraties : une vaste campagne de boycott va ainsi voir le jour&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ffffff;">.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Notes</span></p>
<p style="text-align: justify;">1- Jacques Defrance, « La politique de l‘apolitisme. Sur l‘autonomisation du champ sportif », in <em>Politix</em>, n° 50, 2000, p. 21.</p>
<p style="text-align: justify;">2- Jean Saint-Martin, « Sport, nationalismes et propagande (1918-1939 », in Philippe Tétart (dir.), <em>Histoire du sport en France du second Empire au régime de Vichy</em>, Paris, Vuibert, p. 199.</p>
<p style="text-align: justify;">3- Pierre de Coubertin, « Les assises philosophiques de l‘olympisme moderne » in <em>L’idée olympique</em>, Stuttgart, Carl Diem Institut &#8211; K. Hoffman, 1967, p. 60.</p>
<p style="text-align: justify;">4- Jean-Marie Brohm, <em>1936 &#8211; Jeux Olympiques à Berlin</em>, Bruxelles, Editions Complexe, 1983, p. 15.</p>
<p style="text-align: justify;">5- Jean-Marie Brohm, <em>op. cit.</em>, p. 39.</p>
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